Dai Sijie : Balzac et la Petite Tailleuse chinoise

 


Dai Sijie, Balzac et la Petite Tailleuse chinoise, Folio Gallimard, 2002 (2000), 228 p. 

La simplicité du récit et du style pourraient faire penser à un conte si ce n’est que l’histoire, quant au fond, est plutôt dramatique. A l’heure de la Révolution culturelle en Chine, deux étudiants sont envoyés en travail obligatoire à la campagne. Cette « rééducation » des jeunes intellectuels s’accompagne de la découverte d’un livre de Balzac, lequel à l’instar d’autres monuments de la littérature historique mondiale sont proscrits en Chine par le régime car étiquetés comme « réactionnaires. ». Le choc esthétique se mêle au choc amoureux (à l’égard de la petite tailleuse) de l’un des compères. Ce qui confère à ces deux jeunes une énergie nouvelle pour se procurer d’autres œuvres du même acabit auprès du même détenteur mais sans sa volonté. Le récit du vol est un petit morceau drôle à l’image de l’esprit du roman d’allier la légèreté à un fond plus noir. Mais ce larcin est dévoilé par le chef du village qui veut les faire condamner. S’ensuit un chantage – soin des dents du chef contre son silence – qui fonctionne. Mais les effets de l’amour les rattrape car la jeune tailleuse est enceinte, et il n’est pas question de garder l’enfant sous peine de répudiation, mais l’avortement ne peut être que clandestin. Alors, un des deux jeunes fait jouer son capital social, en tant que fils de médecin il se met à la recherche d’un professionnel pour l’opération discrète, le soudoyant avec… un exemplaire de cette littérature honnie. C’est d’ailleurs grâce à celle-ci que la petite tailleuse décide un beau jour de tenter l’aventure vers la ville, laissant les deux amis dépités.

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