Petit florilège de bons mots

 


Jérôme Duhamel, Le grand méchant dictionnaire de la politique et des politiciens, Acropole, 1986, 310 p. 


Forces publiques :

Quand l'ordre est injustice, le désordre, déjà un commencement de justice. (Romain Roland).

Un flic dort en chacun de nous, il faut le tuer. (slogan mai 68).

Gaullistes :

Si ton père est gaulliste, deviens orphelin ! (Slogan mai 68)

Idées :

Les idées, c'est comme les chaussettes : si on n'en change pas de temps en temps, elles puent ! (Alfred Jarry)

Impôts :

Ah ! Que ne revient-on pas au bon vieux temps du XVe siècle, où, à Nuremberg, toutes les sommes d'argent payées aux prostituées pouvaient être déduites des impôts ! (Emmanuel, Jérôme)

Inégalités :

Pour lutter contre les inégalités, il faut être inégalitaire. (Anicet Le Pors)

Lèche-cul :

C'est un excellent courtisan. Quand le roi pète, il respire à fond. (Jean Cau)

Lois :

Les lois, elles, on peut les violer sans qu'elles crient. (Charles Maurice de Teylleran–Périgord.)

Journaux :

L'Humanité coûte plus cher que la Pravda, à cause des frais de traduction (Jean Kehayan)

Pendant un mois, Le Monde a été la bonne conscience de la révolte étudiante et de la démagogie politique… Ouvrant, avec une fébrilité de vieille fille qui arrive enfin à se faire sauter, ses colonnes à toutes les critiques et leur imprimant le label Le Monde afin de leur donner la terrible efficacité de l'objectivité. (Jean Cau)

Le mensonge :

Le mensonge est, comme le tabac et les allumettes, monopole d'État. (Henri Jeanson)

Ministères :

On raconte le mot du directeur du personnel d'un ministère qui faisant visiter ses bureaux s’entend demander : combien de personnes travaillent ici ? Et qui répond : environ un tiers. (Jean Amadou)

Un ministre ne dit jamais ce qu'il pense, surtout s'il ne pense pas ce qu'il dit. (Jean Amadou)

C'est curieux, dans le fond, que la Suisse ait un ministère de la Marine. Mais après tout, en France, on a bien un ministère des finances… (Armand Isnard)

Avec la télévision en couleur, quand le ministre des finances vient nous assurer que les impôts ne seront pas augmentés, on a au moins la satisfaction de le voir rougir.

L'air est pur à la campagne, parce que les paysans dorment les fenêtres fermées. (Eugène Ionesco)

Nuance :

Staline a fait quelques morts, c'est vrai, mais pas plus que les accidents de la route en Europe. (Jean-Baptiste Doumeng)

Nucléaire :

On pouvait tout faire avec des baïonnettes – des révolutions ou des empires – sauf s'asseoir dessus. On ne peut rien faire avec des missiles nucléaires, sauf s'asseoir dessus. Ce que nous faisons. (Georges Elgozi)

Blague ukrainienne : vive l'accident de la centrale ! Clament les habitants de Tchernobyl. Grâce à lui, nous avons pu pour la première fois quitter la ville sans laissez-passer.

Orateurs :

Chez beaucoup d'hommes, la parole précède la pensée. Ils savent seulement ce qu'ils pensent après avoir entendu ce qu'ils disent. (Gustave Le Bon)

Politique :

La politique, c'est comme l'andouillette. Ça doit sentir un peu la merde, mais pas trop (Édouard Herriot)

Les Français se partagent en deux camps : ceux qui pensent que l'on a rien fait quand on n’a pas tout fait, et qui posent la révolution en préalable à tout réforme : ce sont les progressistes. Et ceux qui, sachant qu'on leur reprochera de toute façon de n’avoir pas fait assez, ne font rien : ce sont les conservateur. (André Frossard)

La politique est l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qu'il les regardent. (Paul Valéry)

Sécurité sociale :

Le meilleur moyen de camoufler un trou, c'est encore de le cacher dans un trou plus grand. (Pierre Dac)

Service public :

Tout ce qui est public devrait être gratuit. L'école, les transports et les filles. (Alphonse Allais)

Les politiciens :

Jacques Chirac :

Un farceur… Qui a découvert le gaullisme en comptant les sièges à l'assemblée. (Jacques Chaban-Delmas).

Si je lui demandais de creuser dans la nuit un tunnel entre mon domicile du quai de Béthune et Matignon, il le ferait, et le matin me demanderait pourquoi. (Georges Pompidou)

Je croyais qu'il était du marbre dont fait les statues. En réalité, il est de la faïence dont on fait les bidets. (Marie-France Garraud)

Interview de Couve de Murville par un journaliste japonais :

- je ne comprends pas, dit Couve, cela fait deux heures que vous me posez des questions, cela fait deux heures que je parle et vous n'avez encore rien écrit.

Et le journaliste japonais lui a répondu avec un bien joli sourire et une grande courtoisie :

- vous savez, monsieur le ministre, ce ne sont pas les mots qui m'intéressent, ce sont les idées !

Marcel Dassault :

Il sera candidat à l'Assemblée nationale jusqu'à sa mort. Après, il se présentera au Sénat. (Lionel Stoléru)

Il y a longtemps que Fabius est revenu du marxisme sans y être jamais allé. (Jean Amadou)

Félix Faure :

En entrant dans le néant, il a dû se sentir chez lui. (Clemenceau)

Gérald Ford ne sait pas faire deux choses à la fois. Malheureusement pour les Américains, il mâche sans cesse du chewing-gum. (Lindon, B. Johnson)

François Mitterrand :

Et je regardais ce masque – Pokerface – du joueur qui enfin ramasse le banco. Qui traîne depuis plus d'un quart de siècle dans le casino politique. Qui sait tricher. Qui n'hésite pas à aller chercher des jetons sous la table. Qui, à force de se faire décaver, a appris à filer les cartes, l'œil mort, à relancer à gauche, à bluffer à droite, à accepter dans son gros pot des mises de petits joueurs, et même à leur jeter en cadeau, une plaque. Jean Cau)

Michel Poniatowski :

Ponia, programmé sur une chaîne de télévision, c'est le succès assuré pour l'autre, même si l'on y diffuse le Pierrot lunaire de Schöenberg mis en scène par Bresson, et interprété par Delphine Seyrig. (Jean-François Kahn)

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