Nelio Biedermann : Lázár

 


Nelio Biedermann, Lázár, Belfond, 2026 (ePub), 281 p. 

Les critiques littéraires du livre laissaient entendre que celui-ci s’inscrivait dans la ligne directe du roman de Thomas Mann, Les Buddenbrook. Effectivement, on relève des similitudes, puisque l’auteur parcourt l’histoire d’une famille sur trois générations : une famille de marchands, résidant dans un château avec ses gens de maison, confrontée à la grande histoire, ici la Seconde Guerre mondiale. Autant d’éléments d’identification à la vie même de l’auteur, comme c’était déjà le cas pour Thomas Mann.

Le style lui-même est soutenu, même si l’on peut parfois observer quelque laisser-aller (« quelque part », p. 90). Mais il y a loin de la coupe aux lèvres dans cette saga à la manière des Buddenbrook. D’abord, la construction, qui ne semble pas aller vers un point. L’histoire et les personnages semblent un peu forcés, un peu artificiels.

En outre, la récurrence des scènes de sexe, avec notamment des scènes bizarres, comme celle où une femme se rend chez un ami tout juste vêtue de son manteau pour la seule raison que son mari ne veut pas d’enfant. Contrairement à l’effet sans doute recherché, ces scènes enlèvent de l’intensité au déroulement du récit.

En outre, l’articulation en elle-même entre l’histoire familiale et la grande histoire (la guerre, Hitler) ne semble pas toujours adroite, comme si celle-ci était utilisée pour donner une « profondeur » au récit.

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