Une vision écclésiale de la Révolution française


 Abbé Blais, De la frairie des marais à la Chapelle, Sans édition, 1984, 244 p.

Les Briérons peuvent depuis 1461 jouir de leur milieu (tourbes, poisson, roseau) sans aucune entrave. Ce qui fait dire à l'auteur que « chaque habitant de la Chapelle, en tout Briéron, il y a bourgeois. » (16)

« L'Ancien Régime, ni plus ni moins que les gouvernements actuels, savait varier le nom et l'objet de ses impositions. » (58)
Les corporations : pas de prolétaires, stabilité, physionomie religieuse de confrérie avec cinq patrons, fêtes, bannières, conseil des prud'hommes.
« L'ouvrier trouvait dans cette organisation du travail autant de liberté que d'esprit de métier, de famille et de confraternité. » (58) La Révolution amoindrit l'artisan, et les syndicats n'ont pas cet esprit d'union (lutte de classes).

En commentant les cahiers de doléances, il lit l'influence maçonnique.
Le 14 juillet, foule fanatisée. Confiscation des biens légitimement acquis (66) qui bénéficiaient non pas au peuple mais aux gros révolutionnaires. (66) Sur la Constitution civile du clergé : le clergé et le peuple la repoussent du pied, et la lutte religieuse s'engage violente et brutale du côté du pouvoir, énergique et admirable du côté des fidèles. » (68)
1789 : Année des espérances ;
1790 : Année des désillusions.
Idée que de l'ancien régime à la révolution les impôts changent de nom mais demeurent forts. « Ironique devise liberté égalité fraternité. » (81) « Roi martyr. » (81)
« Le monde entier aller voir ce dont est capable un peuple lorsqu'on veut à son âme et qu'on foule aux pieds sa liberté. » (82) = La Chouannerie
« La Révolution va lancer ses hordes sanguinaires. » (85)
Après la bataille de Savenay : « Les bleus de 1789 sont les dignes prédécesseurs les Boches de 1914. »
Guillotine : sinistre égalité = prêtres, ouvriers, nobles, paysans, hommes, femmes, enfants.
Hommes de la Révolution = « monstres de cruauté et de luxure. » (95)
Trois martyrs de la Révolution. Histoire de noyade. La Révolution dure toujours : les religieuses exclues des hôpitaux (119).
Photos de la croix de la crée.

Chap 15 = La Révolution, un héros = c'est un prêtre réfractaire. On parle beaucoup du peuple dans ce livre aussi.
Des centaines de noms locaux cités : c'est à partir d'eux que l'histoire est écrite.
« Terre de tradition, de héros sans peur et sans reproche » (231) = que des propriétaires.
« Nos ancêtres étaient profondément patriotes. » (231) Fidèles à la religion catholique.

100 pages sur 250 consacrées à la Révolution. Les chapitres les plus longs sont sur la terreur, et sur les prêtres héros.
9 : La paroisse avant la Révolution.
10 : Vers la Révolution
11 : La Révolution. La guerre religieuse.
12 : La Révolution. La terreur.
13 La Révolution. Debout dans la tourmente.
14 : La Révolution. Nos martyrs.
15 : La Révolution. Un héros, Il s'agit d'un prêtre réfractaire.
16 : La Révolution. La réunion des marais.
17 : La Révolution. La deuxième terreur.
18 : Fin de la tourmente. 
Église à la chapelle : Oratoire en 1641, rénovée en 1810. Les habitants s'étaient ralliés en majorité à Napoléon (175). La Chapelle fournissait des soldats à Philippe Auguste, à Du Guesclin, à Jeanne d'Arc et à Napoléon.
Quand Louis XVIII parvient au pouvoir, un drapeau blanc est érigé au sommet du clocher. Les habitants sont ravis de voir rétablie la royauté.
Pendant les 100 jours : résistance organisée contre l'usurpateur, puis contre les Prussiens après Waterloo.
Le calvaire du père Monfort à Pontchâteau abattu par la Révolution puis restaurée en 1821.
Après 1830, la duchesse de Barry essaie de mettre son fils sur le trône, la Chapelle se partage entre philippistes et légitimistes.
Garçons : obligation de priser, chiquer ou fumer la pipe.
Filles : réputation d'être d'habiles fileuses.
1849 : La chapelle ravagée par le choléra et la dysenterie, 100 morts.
Le conseil municipal condamne le coup d'état du 2 décembre 1851 : du coup il est dissout le 11 décembre. Résistance royaliste à la chapelle.
La vieille église, bâtie au commencement du dix-septième siècle, fut abattue en 1859, et les fondations posées la même année. Terminée en 1862.
Envoi de zouaves pontificaux en 1860 pour combattre aux côtés de Pie IX, mais victoire du roi Victor-Emmanuel.
De nouveau en 1863, nouveaux zouaves. La chapelle bien représentée.
Ouverture d'une école primaire de filles catholiques en 1871.
1875 : demande de fermeture de l'école communale désertée et animée par une institutrice qui fait de la politique. (203) Cette demande est refusée par l'administration, et démission du conseil municipal. S'en suit un refus du préfet.
1880 : Le maire refuse la construction d'une école de garçons. Il est démis d'office par le président de la République.
1906 : Le train passe par la Chapelle. Arrivée du téléphone.
Sous la République : n'ont pas la démocratie mais la démonocratie : lois inspirées par les loges.
1908 : Création de la société de secours mutuel des ouvriers de la Chapelle (« excellente œuvre »).
École communale de filles finie par se bâtir en 1913 après résistance longue du conseil municipal. Développement de la jeunesse catholique dans les mêmes années et construction d'une salle de patronage.
1912 : École libre de garçons voit le jour.
Après-guerre on fête Jeanne d'Arc. (229)
Nouvelle monumentalisation catholique dans les années 1920–1930. Apparaissent aussi à cette période des associations de football, le cinéma, les caisses rurales, les caisses agricoles et une nouvelle école.
Bénédiction du drapeau tricolore en 1930 en direction des anciens combattants.
Conclusion : « Toutes les familles sont propriétaires, (…). Je ne pense pas qu'il y ait en France une commune comptant autant de propriétaires, eu égard au chiffre de la population, et cela grâce à l'acte d'Affléagement de 1700 passé entre le baron de la Roche Bernard et les habitants du marais. Or, un propriétaire est fatalement traditionaliste. » (231) 
Le territoire de la Chapelle appartient à la Baronnerie de la Roche Bernard jusqu'à la Révolution. Un seigneur à Québitre versait une quote-part à son suzerain.
Jouissance et propriété commune de La Brière accordée par lettre de Françoise II duc de Bretagne en 1461, par ordonnance de François Ier en 1538, par lettre patente de Charles IX en 1570, ordonnance de Louis XIII en 1629. Donation confirmée par Louis XVI en 1784.
Afféagement de 1700 : ventes de la terre aux habitants contre une rente annuelle.
Mission du père de Montfort en 1709, à Crossac puis Pontchâteau. En 1928 on constatait qu'il y avait 43 croix pour 1300 habitants. Les oppositions briéronnes à la Révolution à partir de la constitution civile du clergé : « La population avait fait bloc contre les intrusions de la force armée. » (170)
Dénonciation = exécution : un prêtre fusillé à Donges le 4 mars 1794 ainsi que la femme qui l'avait caché. Ainsi que d'autres à Saint Joachim, exécutés à Nantes, Crossac, Lorient.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Jana Cerná : Pas dans le cul aujourd'hui

Le destin du capitalisme

Le rôle de la mère dans le développement de l'enfant