A propos de l'enseignement de Lacan
Alain Badiou & Elisabeth Roudinesco, Jacques Lacan, passé présent : dialogue, Seuil, 2012, 106 p.
Lacan sauve le sujet en pleine offensive structuraliste ; il est asservi « à la chaîne signifiante, il est divisé, in-su de lui-même, exposé à une altérité radicale » (= le discours de l'Autre), mais Lacan propose néanmoins une théorie du sujet. (22)
A la différence de Freud, qui s'intéressait aux névroses (même sévères), Lacan vise la psychose (folie féminine, paranoïa) en tant que système de pensée logique. Portée philosophique de son enseignement.
La cure infléchit ce qui se présente comme un destin, et ré-ouvre les capacités du sujet. (…) Elle a pour but d'élever l'impuissance à l'impossible, c'est-à-dire le Réel au sens lacanien de ce qui ne se laisse pas symboliser. Elle vise donc à débloquer une situation initiale éprouvée par l'analysant (je suis écarté de mon désir, pris dans la dureté, la stagnation de mon existence), en ce qu'elle mène à un point réel où le sujet, englué qu'il était dans l'imaginaire, retrouve une partie de ses pouvoirs de symbolisation. (32-33)
L'individu est, selon Lacan, à la fois pris par le langage assimilé à une Loi immémoriale dont le Nom-du-Père est le signifiant organisateur, mais en même temps il peut inventer du nouveau. (46)
Le langage de Lacan : l'écriture donne toujours plus à penser que ce qu'on croyait en avoir compris « comme si chaque phrase avait un reste échappant à un sens univoque. » (65)

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